ACTUALITÉ

Un évènement économique en vue ?

Le ratio entre l’or et l’argent a rejoint son plus haut niveau depuis 1990 (voir graphique ci-dessous).
A chaque fois que le ratio a franchi ce cap, entre 80 et 95, le ratio a fortement baissé à la suite d’un
évènement économique important.

 

 

                    Gold Silver Ratio

From Teletrader

Les sommets atteints en 1990, en 2000 et en 2007 représentent à chaque fois un retrournement
économique. Certains analystes objecteraient que l’indice pourrait continuer à monter de 82 à 95
avant d’atteindre son point de retournement. Effectivement, mais le graphe d’un point de vue
historique nous montre que nous avons déjà franchi un signal d’alerte.
Depuis la Grande Crise de 2008, l’indice a baissé de 90 à 30, le niveau de 30 correspondant à la fin
de la crise grecque.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

L’or et l’argent montent fortement dans un retournement économique et en période d’instabilité.
Mais l’argent monte plus rapidement dû à l’effet de levier et de sa plus grande volatilité comparée à
l’or. Durant ces périodes troublées, l’argent a comblé l’écart entre les deux métaux précieux. Ces
grands mouvements sont les fruits d’un comportement irrationnel de la part des investisseurs et la
fuite vers des actifs monétaires sûrs.

Cet article a été écrit dans le but d’informer seulement. Il ne suggère pas que vous devriez
acheter/vendre des métaux précieux. Avant de prendre une décision d’investissement, vous devriez
demander l’avis d’un expert et considérer votre profile de risques.

Ecrit le 8 octobre 2018.
Jean-Pierre Riepe – Swiss ProfilInvest.ch

Dix conseils pour se protéger des prestataires peu sérieux

Récemment, la FINMA a émis un article intéressant sur la protection des investisseurs.Vous le trouverez dans son intégralité en cliquant le lien suivant :  https://www.finma.ch/fr/finma-public/liste-noire/

Vous trouverez notamment des informations sur les monnaies virtuelles, la notion risk/reward, les risques de prestataires peu scrupuleux, les risques sur les ICOs et le Crowdfunding et aussi :

Dix conseils pour se protéger des prestataires peu sérieux

Suivre ces dix règles simples permet de réduire les risques de devenir la victime de prestataires malhonnêtes ou exerçant illégalement.

1. Prenez le temps de réfléchir à vos investissements et placements financiers. Ne vous laissez jamais mettre sous pression. Diversifiez toujours vos placements, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

2. Avant tout investissement, menez vos propres investigations quant aux prestataires et aux produits. Ne vous laissez pas éblouir par des prospectus mirifiques ; restez vigilant face aux opérateurs de télémarketing et à leurs astuces. A l’aide de Google ou d’autres moteurs de recherche, regardez si vous trouvez des informations sur les prestataires et les pro-
duits. Vous agissez à votre propre risque et devez donc vous renseigner sur vos cocontractants.

3. Vérifiez si les prestataires bénéficient d’une autorisation de la FINMA. Vous trouverez la liste des établissements assujettis sous : http://www.finma.ch/f/beaufsichtigte. Gardez à l’esprit que les sociétés assujetties à la FINMA ne sont pas toutes surveillées avec la même intensité et en permanence (au plan prudentiel).

4. Vérifiez si les prestataires figurent sur la liste noire de la FINMA ou sur l’Investor Alerts Portal de l’OICV (www.iosco.org/investor_protection/?subsection=investor_alerts_portal). Si c’est le cas, la FINMA vous conseille de redoubler de prudence.

5. Si les prestataires sont suisses, examinez l’extrait du registre du commerce des prestataires suisses sur www.zefix.ch. Des changements fréquents de raison sociale, d’adresse ou de personnes autorisées à signer doivent attiser votre méfiance.

6. Concernant les prestataires ou les offres venant de l’étranger, réfléchissez toujours à vos moyens de recours en cas de problèmes : comment pourrez-vous faire valoir vos droits (contre qui, où et à quels coûts) ?

7. Utilisez également les forums Internet et consultez les sites de consommateurs. Les commentaires d’investisseurs inquiets ou lésés sont autant de signaux d’alerte.

8. Comparez les produits, les rendements et les commissions avec ceux d’autres prestataires. Si ceux-ci sont nettement supérieurs par exemple à ceux des établissements autorisés (par la FINMA), soyez prudent.

9. Les technologies et produits novateurs (par exemple les monnaies virtuelles) sont tentants de par l’attrait de la nouveauté, mais recèlent des risques. Il est rare de décrocher le gros lot. Informez-vous suffisamment et n’investissez que si vous avez bien compris les conditions de l’offre.

10. N’oubliez jamais la règle selon laquelle des rendements élevés vont généralement de pair avec des risques de perte élevés. Les risques de pertes sont souvent plus réels que les chances de rendement.

Les gérants de fortune indépendants sont reconnus par la loi

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Communiqué de presse

Genève, le 23 mai 2018

Les gérants de fortune indépendants saluent la reconnaissance de leur profession par la nouvelle législation sur les marchés financiers LSFin/LEFin


La reconnaissance légale accroît le cercle de clients potentiels

Par la nouvelle réglementation des marchés financiers LSFin/LEFin, les gérants de fortune indépendants sont reconnus par la loi. De nouvelles perspectives s'ouvrent ainsi à cette branche dynamique. Pour les petits et moyens prestataires financiers réunis au sein de l’Association Suisse des Gérants de Fortune (ASG), cette nouvelle donne signifie qu'ils évolueront à l’avenir sur un pied d’égalité avec les banques. En effet, les nouvelles législations les soumettent à des exigences similaires aux établissements financiers définis jusqu’à présent par la loi.A l’occasion de son assemblée générale 2018, l'ASG a fourni à plus de 200 participants des précisions sur les changements qui les attendent. Le président a expliqué, non sans une certaine fierté, que c’est la branche elle-même qui, par ses suggestions d’amélioration constructives, a posé les jalons pour le succès de la nouvelle réglementation des gérants de fortune dans la LEFin. De fait, la version initiale du Conseil fédéral aurait sonné le glas d'une grande partie de la profession. En deux ans et demi de travail ardu, le Parlement a transformé cette proposition inadéquate en une loi raisonnable, qui devrait selon toute probabilité être adoptée par les deux chambres lors de la session d’été. Serge Pavoncello tire le bilan: «tout d’abord sceptique, la branche est désormais globalement satisfaite. La majorité au Parlement a clairement exprimé son désir de trouver une solution appropriée pour les petits et moyens prestataires de services financiers, et pas seulement pour les banques.»

Les nouvelles dispositions des lois sur les services financiers (LSFin) et les établissements financiers (LEFin) prendront effet dès 2020. Les gérants de fortune indépendants seront alors autorisés par la FINMA et surveillés par un organisme de surveillance placé sous l’autorité de la FINMA. Ils gagnent ainsi un statut comparable à celui des banques, obtiennent enfin la reconnaissance légale et sont nouvellement soumis à une surveillance prudentielle.

La gestion de fortune indépendante en tant que profession reconnue et autonome

Les temps où l’on entendait des politiques et des médias parler d’une «branche non réglementée» ou de «gestionnaires externes» sont ainsi définitivement révolus. La loi garantit l’autonomie et l’indépendance des gérants de fortune. Pour la profession, ceci crée des perspectives d’avenir importantes, surtout au vu de la confiance chancelante envers les grands établissements, de la bureaucratie croissante et des déficiences de certains produits. La reconnaissance légale devrait renforcer encore la confiance à l’égard des services des gérants de fortune indépendants, accroissant leur cercle de clients potentiels.

Les modifications de la réglementation ont aussi un impact sur l’Association. En effet, l’organisme d’autorégulation actuel sera transféré à l’organisme de surveillance. L’Association pourra ainsi se concentrer encore davantage sur la défense des intérêts de ses membres face aux milieux politiques et à l’administration. Après avoir contribué avec succès à l’élaboration des LSFin/LEFin, l’Association va désormais suivre de près les agissements de la FINMA et du futur organisme de surveillance. Le président Serge Pavoncello promet aux membres un engagement sans relâche à Berne: «l’ASG va, à l’avenir également, devoir se battre pour éviter les interventions excessives du nouvel organisme de surveillance. Ce que nous avons atteint au Parlement ne doit pas être ruiné par la bureaucratie.»Informations:
Serge Pavoncello, président de l’ASG, 078 637 73 14
Patrick Dorner, directeur de l’ASG, 022 347 62 40
Alexander Rabian, président de la direction de l'OAR, 079 222 29 74

A propos de l’ASG:

Leader des associations professionnelles de gérants de fortune indépendants en Suisse, l’Association Suisse des Gérants de Fortune ASG compte environ 1’000 membres. Elle a été fondée en 1986 dans l’objectif de renforcer le poids économique et la reconnaissance de la profession de gérant de fortune indépendant. En tant que défenseur des intérêts de la branche, l’Association s’engage en faveur de la réputation de la profession et de la protection des investisseurs. Elle est en outre active dans le domaine de la formation et du perfectionnement.

Selon la récente thèse de Julien Froidevaux (2018: Vertus de l’indépendance dans la gestion de fortune), le patrimoine confié aux soins des 2’600 gérants de fortune indépendants de Suisse totalise près de 500 milliards de francs, soit environ un sixième de tous les avoirs déposés dans le pays. Un tiers des gérants de fortune indépendants sont réunis au sein de l’ASG.

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La BNS envisage des mesures cibles pour l'investissement résidentiel

La Banque nationale suisse (BNS) continue de surveiller de près le secteur immobilier et hypothécaire. Face aux risques dans ce domaine, l'institut d'émission a indiqué jeudi "envisager" des mesures ciblées pour réguler davantage les prêts accordés à l'investissement résidentiel.

La BNS estime nécessaire "d'envisager des mesures ciblées" pour les prêts au secteur de l'investissement immobilier.(keystone)

Les taux bas en vigueur depuis plusieurs années ont amorti l'impact de la crise financière mondiale et stabilisé l'inflation, mais favorisé l'émergence de risques, a constaté la banque centrale helvétique dans son rapport annuel sur la stabilité financière.

La forte hausse du volume des crédits hypothécaires et des prix de l'immobilier sur plusieurs années a ainsi conduit à des déséquilibres dans ce secteur en Suisse.

Les mesures prises par les régulateurs helvétiques en 2012 et 2014 ont permis de contenir ces déséquilibres notamment pour les propriétaires, mais les risques se sont accrus dans le secteur de l'investissement résidentiel, où le danger de correction des prix "a considérablement augmenté", a averti la BNS.

En cas de maintien des taux bas, ces risques pourraient encore s'accumuler, les banques étant tentées d'accorder plus de crédits hypothécaires pour contrer la pression sur leurs marges et la rentabilité.

La BNS estime donc nécessaire "d'envisager des mesures ciblées" pour les prêts au secteur de l'investissement immobilier.

L'institut d'émission va continuer à "surveiller de près" les développements dans le secteur des crédits hypothécaires, du marché immobilier et dans la prise de risque des banques. La BNS va ainsi évaluer régulièrement le besoin d'ajuster le volant anticyclique.(awp)

Article tiré de l'AGEFI du 21.6.2018

Les encours douteux sont-ils une menace ?

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Selon les chiffres de la BCE, les "encours douteux" (Non-Performing Loans, NPL, Prêts non-performants en français) avoisinent les 1.000 milliards d’euros dans les bilans des banques de la zone euro, soit 6,2% du montant total de leurs prêts, contre seulement 1,3% aux Etats-Unis et 0,9% au Royaume-Uni. La comparaison est cruelle et inquiétante.

Les banques européennes ont réussi à obtenir des autorités de régulation de ne pas être obligées de comptabiliser ces prêts pourris à leur juste valeur (fair value), c’est-à-dire en pertes pour leur valeur nette, venant ainsi en diminution de leurs capitaux propres, alors que cela est recommandé par les normes comptables internationales (IFRS). En réintégrant ces encours douteux dans leurs comptes, le multiple d’endettement (ou effet de levier) des banques se détériore encore. En France il atteint 23,3 pour le Crédit Agricole, 29,0 pour BPCE-Natixis, 38,3 pour BNP Paribas et 38,9 pour la Société Général (autrement dit 1 euro de capitaux propres pour 38,9 euros d’engagement !). La banque Lehman Brothers avait un effet de levier de 32 lorsqu’elle a fait faillite en septembre 2008.

Certains ont déjà acté que cette montagne de dettes en équilibre sur une pointe de cash n’allait pas tarder à s’effondrer : le plus gros hedge fund de la planète, Bridgewater, qui gère 160 milliards de dollars, en a parié 22 sur la baisse des cours du secteur bancaire européen et des grandes entreprises cotées (Zero Hedge). Depuis l’automne, le fonds a accumulé les positions "short", des ventes à découvert, contre 59 grandes sociétés européennes. Dans son viseur, on trouve les banques italiennes et espagnoles, la Deutsche Bank, BNP Paribas, ING, les leaders de l’assurance (Axa, Munich Re, Allianz) et quelques grandes valeurs industrielles qui ne manqueraient pas de dévisser en cas de crise bancaire. Bridgewater est connu pour agir en fonction d’analyses macroéconomiques. Le hedge fund considère que l’actuelle remontée des taux d’intérêt à long terme aura un impact négatif sur les banques, déjà entravées par leurs créances douteuses, précisément.

Si vous n’avez pas 22 milliards de dollars à parier comme Bridgewater, pas d’inquiétude, il suffit d’acheter de l’or physique, c’est aussi un excellent moyen de prendre position contre les échafaudages instables de dettes.

Si le pari de Bridgewater s’avère gagnant – c’est-à-dire que la crise bancaire survient – vous verrez les gouvernements européens vitupérer contre le "capitalisme sans foi ni loi", "l’ultralibéralisme", "la loi de la jungle", etc. Un bouc émissaire bien pratique. C’est pourtant leur capitalisme de connivence qui est responsable de cette prise de risque insensée des grands groupes bancaires, leurs relations incestueuses où l’on passe d’un cabinet ministériel au secteur privé, le conflit d’intérêt permanent entre politique et finance, des dirigeants bancaires qui ne sont jamais responsables sur leurs biens propres.

Ray Dialo, le patron de Bridgewater, a juste un peu de flair et un sacré culot. Le 4 mars, des élections législatives à haut risque ont lieu en Italie. Nous serons bientôt fixés.

PUBLIÉ PAR GOLDBROKER, PHILIPPE HERLIN | 22 FÉVR. 2018
 
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Avez-vous entendu parler du projet titanesque NEOM ?

Un projet titanesque d'une méga-cité qui a pour but de rassembler trois pays : l'Arabie Saoudite, la Jordanie et l'Egypte et de les projeter dans le futur. Ce projet est évalué à $ 550 milliard, principalement financé par les fonds d'Arabie Saoudite.

Vous désirez en savoir plus, cliquez sur les liens ci-dessous :

http://www.neom.com

http://www.neom.com/content/pdfs/NEOM_FACT_SHEET_RGB_100073132_LDN.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=Tb7OveLpSzc

 

Swiss ProfilInvest - Jean-Pierre Riepe 

Le 31 mai 2018

Crédits totaux à la consommation américains

Une image est souvent plus parlante que mille mots...

Le graphique ci-dessous représente le total des crédits à la consommation aux Etats-Unis, englobant les prêts aux étudiants, prêts automobiles, cartes de crédit, prêts de consommation, entre autres.

Pensez-vous que les revenus ont augmenté de 45 % ou que la croissance de la démographie dans ce même pays a permis d'augmenter de 45 % le crédit à la consommation pendant cette même période ? 

Ou est-ce le fait que le consommateur américain se sente plus riche actuellement qu'il y a neuf ans ?

 

Ecrit le 19 février 2018 / Jean-Pierre Riepe

 

Aimeriez-vous comparer vos commissions de gestion et frais payés ?

La gestion de fortune en Suisse a un coût élevé

AWP 

UBS figure parmi les établissements les plus onéreux, avec 9750 francs par année. Cela représente des frais de 2% annuellement selon moneyland.ch.

Les frais et commissions liées à la gestion de fortune demeurent en moyenne élevés en Suisse malgré la concurrence des solutions de conseil numérisées. Les banques privées helvétiques ont de la chance car leurs clients ne comparent pas les produits, affirme mardi moneyland.ch.

Le taux de changement faible témoigne d'une fidélité assez prononcée des clients en Suisse. Ces derniers privilégient la relation avec leur conseiller au détriment des conditions et des prestations, selon l'étude de moneyland.ch.

Pour arriver à cette conclusion, le comparateur en ligne a passé en revue l'offre de mandats discrétionnaires et de conseil des principales banques universelles et cantonales. La concurrence des solutions de conseils numérisées et automatiques (robo-advisors) n'ont entraîné aucune pression sur les prix.

En moyenne, un mandat de conseil avec une masse de 500'000 francs est facturé 7094 francs au client par année, soit plus de 1,4% par année. UBS figure parmi les établissements les plus onéreux, avec 9750 francs par année. Cela représente des frais de 2% annuellement. Les disparités s'avèrent très importantes suivant les établissements et les types de prestations.

La gestion passive, notamment les stratégies basées sur les fonds indiciels cotés (ETF), confirme sa réputation d'offre bon marché. La proportion d'actions détenues dans le portefeuille d'investissements constitue un facteur de coûts, cette classe d'actifs faisant visiblement grimper les frais.

Moneyland déplore par ailleurs que les coûts forfaitaires appliqués par les banques ne couvrent parfois pas tous les coûts. Le manque de transparence des banques privées figure parmi les critiques formulées par le comparateur. Ce dernier affirme que la douloureuse est encore plus élevée dans ces établissements, qui refusent de publier les montants ponctionnés aux clients.

Article publié sur le site : allnews.ch, le  

Enjeux majeurs dans le conseil aux investissements

Dans la gestion de fortune, l’activité de conseil ponctuel au client est devenue plus encadrée.
Les banques doivent s’adapter.                                 
© GAETAN BALLY / Keystone

A l’orée de l’entrée en vigueur de la directive européenne sur le marché des instruments financiers (MiFID 2) et alors que le projet suisse de loi fédérale sur les services financiers (LSFin) continue de progresser à son rythme de sénateur (on parle maintenant d’une entrée en vigueur deuxième moitié 2019, voire 2020), un des plus grands défis auxquels est confronté le secteur de la gestion de fortune en Suisse est l’encadrement et le développement des activités de conseil en investissement pour prendre en compte les besoins évolutifs des clients comme les changements réglementaires. 

Le modèle historique de la gestion de fortune a en effet reposé sur deux piliers: le mandat de gestion de fortune discrétionnaire d’une part, pour les clients qui voulaient confier à leur mandataire la responsabilité du suivi de leurs avoirs, et, d’autre part, une activité de conseil en investissement ponctuelle, d’une intensité plus ou moins élevée qui, la plupart du temps, ne faisait pas l’objet d’un contrat spécifique et qui se superposait naturellement à la relation bancaire de base.

Les modèles d'affaires contraints d'évoluer

Cette activité de conseil en investissement non formalisée contractuellement, mais bien réelle, n’a d’ailleurs pendant longtemps pas fait l’objet d’une attention particulière en Suisse, ni de la part du secteur financier lui-même (il n’y a aucun pendant en matière de conseil en investissement aux fameuses directives de l’Association suisse des banquiers – ASB – sur le mandat de gestion de fortune qui, depuis quarante ans, ont établi les principes de bonne gestion dans le cadre des mandats discrétionnaires), ni de la part de la Finma.

associées au conseil en investissement ponctuel, respectivement au conseil en investissement prenant en compte l’ensemble du portefeuille, les établissements de gestion de fortune sont obligés de se positionner et de faire évoluer leurs modèles d’affaires. 

A vrai dire, la plupart d’entre eux n’ont pas attendu les dernières évolutions réglementaires pour proposer des solutions de conseil en investissement, la majorité d’entre elles prenant en compte l’ensemble du portefeuille du client, mais le constat qui peut être fait jusqu’à présent est que ces offres sont souvent très efficaces pour les nouveaux clients, maisqu’il est difficile de procéder à une transition rapide du volume d’affaires des clients existants.

Etre attentif aux risques

Ces derniers se sont habitués à un service non encadré contractuellement et sont souvent seulement prêts à payer son coût réel de manière indirecte par des coûts transactionnels élevés, plutôt que par une rémunération du service proposé qui serait facturé de manière récurrente. Dans ce contexte, les banques doivent être attentives aux risques suivants: 

– Un client qui continuera à bénéficier de conseils en investissement, même ponctuels, doit absolument comprendre les risques associés aux produits financiers dans lesquels il souhaite investir. Il n’est pas ou plus réaliste d’imaginer que la simple remise du formulaire ASB sur les risques liés à l’article 11 LBVM (loi fédérale sur les bourses et le commerce des valeurs mobilières, ndlr) suffira pour protéger un établissement en cas de plainte d’un client qui a investi dans un produit qu’il ne pouvait manifestement pas comprendre et pour lequel la banque a omis de vérifier s’il disposait des connaissances (et/ou expériences) appropriées.

- Même si la banque se limite à offrir à une partie de ses clients des conseils en investissement ponctuels, étant postulé que l’objectif à moyen terme est de développer un conseil en investissement étendu prenant en compte l’ensemble du portefeuille, elle devra malgré tout connaître certaines composantes minimales des clients concernés en termes d’objectifs d’investissement, notamment leur horizon temps, leur capacité à supporter des pertes sur les investissements en question et le niveau de risque souhaités par les clients, et ce, tant pour pouvoir répondre aux exigences de gouvernance produites selon MiFID II que dans le cadre de l’établissement du protocole lié à chaque recommandation en vertu de l’article 16 al. 2 PLSFin.

- Dans le cadre d’une activité de conseil en investissement prenant en compte l’ensemble du portefeuille, il faudra s’assurer d’un suivi professionnel de la conformité du portefeuille conseillé par rapport au profil de risque choisi par les clients. Cette tâche sera plus ardue que pour les clients sous mandats de gestion discrétionnaire pour lesquels le mandataire «a la main» sur le portefeuille, ce qui n’est pas le cas pour le conseil en investissement.

- Enfin, la rémunération de l’activité de conseil en investissement doit prendre en compte l’ensemble du service et les responsabilités assumées par le mandataire. Il est tentant pour les banques qui souhaitent faire signer des mandats de conseil en investissement à leurs clients de se contenter d’une rémunération ne couvrant pas leurs frais, mais il s’agirait d’un calcul risqué qui pourrait inciter des clients à renoncer à un mandat de gestion discrétionnaire au profit d’un mandat de conseil en investissement étendu, cela sans parler du fait qu’il y aura certainement une pression continue sur la baisse des coûts transactionnels supportés par les clients qui sont aujourd’hui trop élevés par rapport aux coûts réels.

Divers enjeux majeurs

La promotion d’un service de conseil en investissement modulaire répondant aux différentes typologies de besoins des clients est l’un des défis majeurs qui attendent les banques suisses dans leurs relations avec leur clientèle existante comme prospective. Ces défis supposent des enjeux majeurs en termes d’organisation interne (outils informatiques de suivi, comme formation des collaborateurs concernés) et d’explication aux clients, surtout aux clients existants, du bien-fondé des services proposés. Ces défis surmontés créeront toutefois une situation beaucoup plus saine et porteuse pour le futur pour la place financière suisse.

Source : journal LE TEMPS / 11 février 2018

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